Biographie
Longtemps dans l'ombre, François Fillon fait partie des Premiers ministres dont la durée de vie à ce poste est la plus longue depuis le début de la Vème République.
Originaire d'une famille conservatrice de la Sarthe, il se prédestine au journalisme. Mais après des études de droit, son destin se lie à celui d'un élu local, Joël Le Theule. Ce député gaulliste, ami de la famille, le choisit comme assistant parlementaire. C'est sur les pas de son mentor, que François Fillon se lance en politique, et adhère au RPR, en 1977.
Après la mort de Joël Le Theule, en 1980, il décide, l'année suivante, de récupérer son siège de député de la Sarthe. Benjamin de l'Assemblée, il se rapproche alors de Philippe Séguin, qui deviendra bientôt son deuxième mentor. Partisan d'un "gaullisme social", il s'oppose à ses côtés, à la ligne politique du président du RPR de l'époque, Jacques Chirac. Après avoir voté "non", au traité de Maastricht, François Fillon rejoint le gouvernement en 1993, et devient ministre de l'Enseignement supérieur. Malgré son soutien à Edouard Balladur à la présidentielle de 1995, il conserve sa place au gouvernement et occupe, jusqu'en 1997 le ministère des Télécommunications. Après la mise en retrait politique de Philippe Séguin, en 1999, François Fillon se rapproche de Jacques Chirac. Ainsi, en 2002, il participe activement à la campagne présidentielle de ce dernier, multipliant les déplacements de soutien. Partisan de la création d'un grand parti unique, réunissant la droite et du centre, il est l'un des principaux artisans de la fondation de l'UMP.
Logiquement, Jacques Chirac le fait entrer au gouvernement en 2002, où il hérite du ministère des Affaires sociales. C'est à ce poste qu'il mène, en 2003, avec l'accord de la CFDT, la difficile réforme des retraites, dite "loi Fillon". En 2004, il est nommé au ministère de l'Education nationale, où il est confronté à la révolte des étudiants contre son projet de réforme du Bac. Son éviction du gouvernement en 2005, est vécue comme un affront. La rupture avec Jacques Chirac est consommée. Il confie alors à quelques proches, qu'en le mettant à l'écart, le chef de l'Etat fait de lui "un directeur de campagne avant l'heure" de Nicolas Sarkozy. Durant l'élection présidentielle de 2007, il s'implique résolument aux côtés du candidat UMP, qui dès son arrivée à l'Elysée, le nomme Premier ministre.
Qualifié de "collaborateur" par Nicolas Sarkozy, François Fillon comprend très vite que son périmètre d'action est réduit par l'hyper-présidence. Mais, depuis 2007, ni les tensions passagères, ni le manque de communication entre Matignon et l'Elysée, n'ont eu raison de François Fillon. Conscient que son Premier ministre est plus populaire que lui, Nicolas Sarkozy décide, malgré plusieurs remaniements ministériels, de le maintenir à son poste.
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